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LES GENS DISENT QU’ON FAIT SA PROPRE CHANCE...

Posted: 2009-12-22 12:36:54 by Sam Gojanovich


Les gens se plaisent à affirmer qu’on fait sa propre chance. Cependant, après certaines de mes conversations avec des anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale, j’en suis venue à remettre ce dicton en question. Bon nombre d’anciens combattants avec lesquels je me suis entretenue mentionnent la chance, à un moment ou un autre. Plusieurs d’entre eux attribuent leur survie à la chance et apprécient grandement le bonheur qu’ils ont eu de pouvoir rentrer chez eux et de se bâtir une vie après la guerre. Je ne voudrais pas insinuer que l’entraînement, l’expertise et la capacité de maîtriser la peur étaient absents du tableau. En fait, je veux tout simplement préciser que les anciens combattants expriment très souvent leur reconnaissance pour leur bonne fortune. Une conversation récente avec M. William Hitchon, ancien combattant de l’armée canadienne qui réside maintenant à Trenton, en Ontario, a mis particulièrement le facteur chance en valeur.

William Hitchon se trouvait en Afrique du Nord, lorsque son unité s’est arrêtée sur le bord d’une route pour y passer la soirée. Son ami voulait se raser : il a donc creusé un trou peu profond, y a versé une légère quantité d’essence, puis a allumé un feu. Malheureusement, il se trouve que ce foyer peu profond avait été creusé directement au dessus d’une mine terrestre allemande, qui a détonné rapidement. L’explosion a endommagé de l’équipement et a renversé des hommes, mais par miracle, aucun d’entre eux n’a été blessé.

Plus tard en Italie, M. Hitchon traversait un champ en compagnie de son unité, lorsqu’il a entendu un déclic se produire sous sa botte. Il avait marché sur une mine allemande en boîte. M. Hitchon a attendu que ses amis se mettent à l’abri, puis s’est jeté sur le sol dans une tentative désespérée de limiter ses blessures. Heureusement pour lui, il avait marché sur un raté : par conséquent, aucune explosion n’a fait suite à son geste.

Encore en Italie, William Hitchon se trouvait dans une aire de repos située près d’un régiment de l’artillerie britannique. Les membres de ce régiment échangeaient activement des tirs d’obus avec leurs homologues allemands. Il n’y avait donc pas vraiment lieu de se reposer. Lors d’une pause prise dans le cadre de cet échange, M. Hitchon jouait au cribbage avec son ami, dans la tente où ils logeaient. À un moment donné, son ami a décidé de se rendre aux latrines. Il venait à peine de mettre le pied dehors lorsque M. Hitchon lui a demandé de rentrer. William Hitchon ne parvient pas à expliquer pourquoi il a rappelé son ami vers la tente, mais la chance leur a souri : quelques instants plus tard, les latrines étaient directement frappées par un obus allemand.

À mon avis, William Hitchon semble avoir beaucoup de chance, dans le sens le plus ancien du terme. On dirait même qu’il a réussi à semer un peu de cette chance autour de lui.


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