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AUDIO ET VIDÉO

Le Projet Mémoire : Histoires de la Deuxième Guerre mondiale nous offre la possibilité d’enregistrer les témoignages des anciens combattants en audio ou en vidéo. Si nous enregistrons en audio la majorité des entretiens, c’est pour en réaliser le plus grand nombre possible dans chaque ville que nous visitons. Car il serait beaucoup plus coûteux de filmer chaque entretien compte tenu des équipements, du personnel et du temps nécessaire pourtout monter et démonter. Sans parler du prix d’un enregistrement vidéo de qualité. Or nos équipements audio se transportent partout, ils assurent une excellente qualité sonore et simplifient le travail d’édition.

J’ai tout de même pu enregistrer certains anciens combattants dans les deux formats audio et vidéo. Et j’ai été étonnée de constater que le format modifiait leur témoignage.

J’ai beaucoup travaillé en cinéma et, tout en sachant que la présence d’une caméra agit sur l’attitude des gens, je n’avais pas remarqué à quel point elle pouvait en empêcher certainsde se confier ouvertement par rapport à un simple enregistrement audio.

L’un des principaux défis de notre projet consiste à faire ressurgir des souvenirs souvent très lointains et très personnels, dont certains n’ont pas été évoqués depuis plus de 60 ans.Nous disposons pour ce faire de très peu de temps, généralement une quinzaine de minutes pour préparer l’entrevue, puis 25 autres pour la mener à bien. Et j’ai remarqué que le tournage vidéo rend parfois l’exercice plus difficile. Il arrive en effet que l’ancien combattant interrogé soit intimidé par la caméra, ou que l’équipe de tournage doive faire une pause pour recadrer une scène. Mais j’observe souvent le contraire lors d’un enregistrement audio, dont l’équipement plus léger est moins intimidant. Lesanciens combattants tendent alors à se confier plus rapidement et à enrichir le récit de ce qu’ils ont vécu.En dépit de cet obstacle, je continuerai de filmer certaines entrevues en vidéo, car il est aussi très intéressant d’observer la façon particulière dont chacun raconte sa propre histoire.

Posted: 2010-05-20 15:29:07 by Stephanie Markowitz | with 0 comments


M. ROBERT O'CONNOR

M. Robert O'ConnorDans le cadre du Projet Mémoire,nous proposons toujours aux anciens combattants d’apporter des souvenirs et des photos de leurs années de service. Et en observant ces photos, il m’arrive de trouver aux visages une ressemblance avec certains de mes anciens amis, ce qui comble d’une certaine manière l’écart de génération. Je peux ainsi mieux imaginer ce qu’ont vécu ces anciens combattants et constater qu’ils ont déjà eu mon âge. C’est évident, direz-vous, mais les photos rendent cette évidence plus sensible. Et quand je m’entretiens avec l’un d’eux, je revois soudain le jeune homme ou la jeune femme qu’ils ont été. C’est ce qui m’est arrivé récemment lors de mon entrevue avec M. Robert O’Connor, de Red Deer (Alberta), qui a été pilote d’aéronefs Mosquito et a participé à de nombreuses et périlleuses missions au-dessus de l’Europe occupée.

Les équipages de Mosquito formaient l’élite de la force de bombardement.Certains agissaient comme éclaireurs avant les raids aériens, marquant la cible puis survolant la zone de combat pour guider la trajectoire des bombes. Ils faisaient aussi de plus petits raids en territoire occupé pour mitrailler les aérodromesLuftwaffe. Sans parler de ce qu’ils appelaient des « missions de jardinage », qui consistaient à larguer à basse altitude des mines au-dessus des routes de navigation de l’Axe. Pour les équipages, chacune de ces missions était très exigeante et extrêmement dangereuse.

En commençant l’entrevue avec M. O’Connor, rien n’indiquait qu’il se déroulerait autrement que tous les autres. Mais très vite, les choses ont changé quand je l’ai interrogé sur les avions Mosquito. Il a levé les yeux, esquissé un sourire et, soudain, le pilote d’élite qu’il avait été a semblé renaître devant moi. Rictus aux lèvres, il a évoqué ces propos de son lieutenant-colonel : « Quand tu recevras tes premières instructions, tu te sentiras un peu nerveux en apprenant ce que tu dois faire, et même un peu fiévreux. Mais en faisant le tour de la salle, tu constateras que même les gars les plus expérimentés ont l’air tout aussi anxieux. » Puis il a gloussé d’un rire moqueur avant de décrire des missions qui feraient blêmir les plus courageux aviateurs d’élite. Pendant les 40 minutes de son palpitant récit, tout écart de génération a disparu : j’avais devant moi un jeune pilote de Mosquito de 19 ans, et j’éprouvais un vif plaisir à l’écouter raconter ses exploits.

Doug Dickson
Un Mosquito, comme celui M. O`Connor aurait volé.

Posted: 2010-05-20 15:04:27 by Sam Gojanovich | with 0 comments


UN RETOUR À 1945 POUR LE JOUR DE LA VICTOIRE EN EUROPE

Est-ce que vous vous êtes déjà demandé comment se sont sentis les Canadiens quand la Deuxième Guerre mondiale s’est terminée? Pour célébrer le 65e anniversaire de la Victoire en Europe, Le Projet Mémoire a fait la fête comme on l’a fait le 8 mai 1945—le jour de la fin de la Deuxième Guerre mondiale en Europe. En recréant cette journée historique, Le Projet Mémoire a fait vivre l’histoire pour des centaines d’invités, avec l’aide des anciens combattants qui y ont participé il y a 65 ans.

Des centaines d’étudiants en costume d’époque du lycée St Pius, des anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale et les invités spéciaux Mme Laureen Harper et l’Honorable James Moore, ministre du Patrimoine Canadien et des Langues Officielles, se sont joints au Projet Mémoire pour une célébration tout en couleur du Jour de la Victoire en Europe, au Château Laurier.

Les anciens combattants de la région ont été honorés et un joueur de cornemuse des Cameron Highlanders d’Ottawa les a accompagné en musique dans la salle historique Laurier. Les invités, le ministre Moore et Mme Harper, ont tous les deux soulignés l’importance de préserver les histoires des anciens combattants pour la postérité, à travers le Projet Mémoire.

Des applaudissements ont accompagné les histoires de service – et une performance d’harmonica - d’Alex Polowin et de René Brunette, anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale. Ces témoignages ont permis de donner vie à l’Histoire, avec une présentation d’artefacts de la guerre provenant du Musée d’Histoire Militaire. La fête s’est poursuivie avec du punch et des sandwiches, puis les anciens combattants et les étudiants ont pu apprécier une performance de danse locale par la troupe Swing Dynamite, accompagnée par l’orchestre The Jivewires.

L’équipe du Projet Mémoire s’est joint aux étudiants en portant des uniformes militaires de l’époque et des robes de bal des années 1940. Les membres du Projet Mémoire ont parlé avec les anciens combattants, ont dansé le « jitter-bug,» et ont remis des prix pour les meilleurs costumes du bal. Bienvenue au futur de notre passé!

Pour un coup d’œil de cet extraordinaire événement, visionnez une vidéo de The Ottawa Citizen.

Posted: 2010-05-20 14:29:39 by Davida Aronovitch | with 0 comments


LA RENCONTRE AVEC JACQUES NADEAU

Jacques Nadeau Jacques Nadeau, Régiment des Fusiliers Mont-Royal, en Angleterre, le 8 juin 1941. Après seulement trois semaines avec le Projet Mémoire: Histoires de la Deuxième Guerre mondiale, j’ai interviewé M. Jacques Nadeau du régiment Les Fusiliers Mont Royal. Il était prisonnier de guerre, capturé par les Allemands sur les plages de Dieppe en 1942. Il est resté prisonnier jusqu’à la fin de la guerre.

Après son interview, M. Nadeau m’a fait parvenir une copie de son livre, Dieppe, ma prison: Récit de guerre de Jacques Nadeau, écrit avec l’aide de Martin Chaput. Dans son livre, M. Nadeau parle du courrier qu’il recevait quand il était prisonnier. “Le courrier maintenait mon moral,” écrit M. Nadeau. Il correspondait avec plusieurs personnes, incluant son frère et sa sœur. Toutefois, c’était sa correspondance avec sa petite-amie qui a transformé sa vie, comme il l’a écrit dans son livre: “c’est véritablement pendant tous ces mois de correspondance que je suis tombé en amour avec elle.” Jacqueline Senay est devenue son épouse après la guerre, et ils sont encore mariés aujourd’hui.

Jacques Nadeau Jacques Nadeau et Jennifer Givogue. Le vendredi 29 Janvier 2010, j’ai eu le plaisir de rencontrer M. Nadeau pour la première fois lors de l’un de nos événements de numérisation à Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec. J’ai eu la chance de regarder avec lui tous ses objets de souvenirs, incluant des photos de son épouse, et les lettres qu’elle lui avait écrites. Après tous ces mois de conversations téléphoniques avec lui, le rencontrer en personne était une chance et c’était très important pour moi en tant qu’agente de recherche et des collections. En rencontrant M. Nadeau, ses histoires de guerre deviennent plus intimes, et lui, quelqu’un de plus réel.

Posted: 2010-05-18 14:44:52 by Jennifer Givogue | with 0 comments


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