Posted: 2009-11-18 11:42:38 by Stéphanie Markowitz
Dans le meilleur des cas : chaque ancien combattant que nous rencontrons est lucide et capable de raconter son histoire de la manière dont elle s’est passée en réalité. Cependant comme les gens que nous interviewons ont 85 ans et plus et qu’on leur pose des questions sur des évènements qui ont eu lieu il y a plus de 65 ans, le plus souvent se trouver dans la situation du meilleur des cas est impossible. C’est difficile de pointer du doigt que ce projet arrive cinq à dix ans trop tard. Un ancien combattant tout à fait particulier que j’ai rencontré à Montréal récemment m’a vraiment aidé à comprendre ça clairement. Ce monsieur, Peter Van Bree Voort, était à notre rencontre de Montréal avec sa femme et sa fille, le jour suivant sa sortie de l’hôpital, où il avait subit une opération du cœur. Il est venu à notre évènement avec son appareil d’assistance respiratoire. Quand Monsieur Van Bree Voort a été prêt pour l’interview, il était visiblement mal à l’aise physiquement et incapable de descendre à l’étage inférieur où nous avions installé le magnétophone. Je me suis tournée vers sa fille et ai offert de remettre à plus tard l’interview, jusqu’à ce que son père se sente mieux. Elle a répondu : « On ferait mieux de la faire maintenant. On ne peut jamais être sûr du lendemain. » J’ai fait oui de la tête et nous avons installé un nouveau magnétophone dans un endroit qui n’était pas idéal, mais qui avait l’avantage d’être plus près. Je m’attendais à une interview difficile, néanmoins à l’instant même où j’ai demandé à M. Van Bree Voort de me donner son nom ; tout est sorti d’un seul coup – une histoire extrêmement émouvante et parfaitement claire. Il a parlé de l’époque où il était aux Pays Bas et comment lui et sa famille avaient risqué leur vie en aidant des familles juives du quartier à survivre. Il a été prisonnier de guerre, a passé du temps en prison et s’est caché des nazis à travers toute la campagne hollandaise. Son histoire était époustouflante. Après coup sa fille m’a dit : « Merci, maintenant mon père peut partir en paix. ». Après cette interview j’avais l’impression très forte que même si on arrive un peu tard dans certains cas, il est absolument évident que mieux vaut tard que jamais. Écoutez l'histoire de Peter Van Breevoort