Posted: 2009-10-10 11:58:06 by Jennifer Givogue
J’ai commencé à travailler sur les Archives du Projet Mémoire : Histoires de la Deuxième guerre mondiale le mercredi 16 septembre 2009 sans avoir une idée bien définie de ce que ce serait en réalité que d’enregistrer les histoires des anciens combattants de la deuxième guerre mondiale. Une semaine plus tard, j’étais à l’hôpital Sunnybrook de Toronto en train d’interviewer des anciens combattants pour la première fois, et j’ai compris très vite que enregistrer les histoires et écouter les histoires sont deux choses très différentes. Enregistrer seulement suggère qu’on n’écoute pas et qu’on ne prend pas part à l’histoire; d’un autre côté, écouter les histoires veut dire qu’on entre en communication avec celui qui les raconte et qu’on commence à se sentir concerné par son histoire. A Sunnybrook, j’ai interviewé mon premier ancien combattant pour le projet tout entier, à l’époque lieutenant de l’Armée de l’air canadienne, le Lieutenant Joseph Hawkins. L’histoire de M. Hawkins, qui raconte son expérience de mitrailleur tourelle dans le ventre d’un bombardier de Halifax, m’a permis de voir clairement la différence entre enregistrer et écouter. Il a survécu à 36 sorties, et a décrit pour moi ce à quoi le monde ressemblait de là-haut pendant que le largage des bombes, « Quel jungle c’était là en dessous. Du feu, du feu, des bombes qui volent et des avions à l’horizontale, en train d’être abattus. C’était une vraie fournaise là en dessous. » Ses mots m’ont poussée à écouter, et apprécier entièrement les histoires que j’enregistre pour ce projet.